[INTERVIEW] Félicité Hewlett : “Il y a un esprit de communauté dans le transport”

Temps de lecture : 4 minutes

Le métier de conducteur PL change et se réinvente ! Le point sur le terrain avec Félicité HEWLETT, conductrice chez le transporteur Sotradel (implanté dans l’Ain). Elle évoque son parcours atypique, son expérience de la conduite sur un véhicule GNV et donne sa vision d’un métier difficile, mais aussi épanouissant.

Quel est votre parcours ?

J’ai passé mon permis D en 2013 pour travailler dans le transport scolaire. Pendant trois ans, j’ai alterné les expériences en France et à l’étranger, mais je n’ai pas réussi à pleinement m’épanouir. A cette époque, mon père travaillait chez Sotradel et m’a proposé d’évoluer vers le transport de marchandises. J’ai donc passé mon permis C et mon permis CE en mars 2018, avant de rejoindre la société Transports Cadillat puis d’intégrer l’entreprise Sotradel en octobre 2018.

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Qu’est-ce qui vous a principalement attirée dans ce métier ?

La conduite avant tout ! Chez Sotradel, nous effectuons des déplacements régionaux sur différents types de routes, contrairement aux transports nationaux qui se passent surtout sur des axes autoroutiers. Après ma première expérience dans le transport scolaire, j’ai dû m’adapter à un autre mode de conduite et aux spécificités des véhicules poids lourds. C’est donc extrêmement valorisant quand j’assure des trajets dans des conditions difficiles, comme sur des chemins de montagne, ou quand je réussis des manœuvres compliquées.

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Comment se sont passés vos premiers pas en tant que conductrice poids lourds ?

J’ai mis un certain temps à m’habituer à ce véhicule. Certaines manœuvres essentielles au métier sont en effet absentes des formations pour l’obtention des permis C et CE, comme la mise à quai ou le bâchage/débâchage du véhicule, que j’ai dû apprendre sur le terrain. Une période d’adaptation a été nécessaire pour bien comprendre les spécificités du véhicule et je remercie mes collègues chez Sotradel pour leur patience et pour l’aide qu’ils m’ont apportée.

Vous parlez de votre adaptation. En tant que femme, est-ce plus difficile de faire ses preuves dans ce métier ?

Très rapidement, j’ai décidé de ne pas accorder d’importance au regard des autres, même si c’est assez flatteur de percevoir de l’admiration lorsque je réussis parfaitement mes manœuvres du haut de mon 1,56 m ! Le métier n’est pas forcément accessible à tous, mais cela vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Ce qui est valorisant, c’est que je n’ai pas reçu de traitement de faveur de la part de mes collègues masculins à mes débuts. J’ai choisi ce métier et il a fallu prouver que j’étais capable de l’exercer. Dans le même temps, il y a un esprit de communauté dans le transport de marchandises, avec de la solidarité et de l’entraide entre conducteurs.

Vous conduisez un poids lourd roulant au gaz naturel pour véhicules (GNV). Qu’est-ce que cela change dans vos activités au quotidien ?

convoi poids lourdsL’élément important concerne l’organisation de la journée pour pouvoir faire le plein et assurer les tournées planifiées. Je dispose d’un véhicule d’une autonomie de 350 kilomètres (les nouvelles versions de poids lourds GNV disposent d’une autonomie proche de 500 kilomètres, ndlr) et je dois effectuer environ 50 km chaque jour pour faire le plein, donc cela nécessite une certaine anticipation dans les trajets. Le nombre de stations GNC (gaz naturel comprimé) doit augmenter pour couvrir tous nos besoins dans la région. Nous attendons avec impatience la livraison de nouvelles stations en 2020 et sur les années suivantes.

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Faire le plein de GNC, c’est compliqué ?

Pas du tout, il suffit de connecter le pistolet au réservoir du camion et d’appuyer sur un bouton de la pompe. Contrairement au gazole, il n’y a pas d’odeur lorsqu’on fait le plein et on est assuré de rester propre en toutes circonstances !

Utilisez-vous une carte carburant ?

Nous disposons de deux cartes carburant, dont celle du réseau TOTAL AS 24, implanté dans la région Rhône-Alpes. Concrètement, cette carte nous permet de faire le plein dans toutes les stations gaz naturel du réseau et de bénéficier de tarifs négociés transporteurs. L’utilisation est très simple, il suffit d’ouvrir un compte gaz et de présenter la carte en station pour profiter des prix préférentiels.

Existe-t-il une journée type dans votre métier ?

Le plus souvent, je prends mon poste au plus tard à 7h30 afin d’arriver chez mon premier client à 8h pour le chargement du camion. En règle générale, je m’occupe de 5 à 6 clients par jour, en sachant que je dois toujours m’organiser pour disposer d’une station gaz naturel à proximité pour faire le plein. Je dois également prévoir un temps de pause minimum de 30 minutes toutes les six heures. En fonction de ma localisation et de mon programme, je passe ce temps de repos sur des aires où j’ai mes habitudes par rapport aux équipements à disposition.

Quelles sont d’après vous les principales qualités pour effectuer ce métier ?

Il faut être autonome et savoir s’adapter aux différentes situations que nous pouvons rencontrer. Par exemple, les véhicules poids lourds sont régulièrement soumis à des interdictions de circulation qui peuvent perturber notre parcours. Il est important d’être réactif et de prévoir son itinéraire en conséquence pour réaliser nos livraisons dans les meilleures conditions. Le métier demande également de la patience, car nous sommes parfois confrontés au comportement irrespectueux d’autres usagers de la route.

Le métier de chauffeur routier peine encore à attirer des candidats. Comment l’expliquez-vous et comment améliorer le regard sur cette profession ?

Je pense que le salaire est le principal frein pour recruter des personnes motivées. C’est un métier qui reste difficile, même s’il est plus accessible qu’il y a quelques années grâce à tous les progrès apportés sur les véhicules. Cela reste toutefois un métier qu’on exerce par vocation. Un autre obstacle vient peut-être des horaires inhabituels. Cependant, dans le cas des transports régionaux, les déplacements sont plus courts et le cadre horaire est plus régulier, ce qui facilite l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.


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