[VUES D’EXPERTS] Prévention des risques routiers : « vous pouvez agir » !

Temps de lecture : 5 minutes

Le document unique est la formalisation écrite de la démarche d’évaluation des risques professionnels (EvRP). Cet outil est obligatoire depuis 2001 pour les entreprises ayant au moins un salarié. Il identifie et classe les risques auxquels sont exposés les collaborateurs, et propose des actions de prévention ciblées. Il doit être mis à jour à minima une fois par an, lors de tout changement de situation et après chaque accident du travail. Mais qu’en est-il des risques routiers liés aux déplacements professionnels ? Comment les évaluer ? Et quelles sont les mesures de prévention envisageables ? Les réponses de deux experts, Anne-Sophie Valladeau de l’INRS et Pascal Bertossi de Total.

Les salariés conduisant un véhicule dans le cadre de leur travail sont légion. En tête de liste, les collaborateurs effectuant chaque jour des allers-retours domicile-travail. Mais ce ne sont pas les seuls. Chauffeurs de poids lourds, commerciaux, coursiers et autres professionnels de la maintenance font partie de ceux qui sont sur la route en permanence.

Les distances journalières parcourues ont tendance à augmenter, dans un contexte de dispersion géographique des clients, fournisseurs et sous-traitants. En outre, les exigences professionnelles à satisfaire (disponibilité, réactivité, ponctualité) imposent parfois de fortes contraintes aux conducteurs.

Les accidents routiers représentent environ 3 % des accidents du travail et plus de 20 % de l’ensemble des accidents mortels de travail. De plus, au-delà des risques de dommages corporels et de décès en cas d’accident, les salariés conducteurs sont également exposés à des risques physiques, posturaux, chimiques et psychosociaux. Dans le cadre de l’évaluation des risques professionnels, l’entreprise doit prendre en compte les risques associés à la conduite, les intégrer au document unique et développer un plan d’actions adapté.

logo INRS« Malheureusement, moins de la moitié des entreprises concernées ont effectué cette démarche d’évaluation des risques, relève Anne-Sophie Valladeau, expert Transports – Logistique – Risques Routiers à l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Pour être efficace, ce dispositif doit associer les salariés, qui sont les premiers concernés. « Vecteur de performance et levier d’engagement, la prévention des risques permet aux salariés de s’exprimer sur leurs conditions de travail et d’être acteurs de la vie de l’entreprise. »

Risques professionnels, risques routiers : comment les évaluer ?

evaluer risque routierLa démarche d’évaluation est structurée en 4 étapes :

  • Préparer l’évaluation des risques
  • Identifier ces risques
  • Classer les risques et faire une estimation de leur gravité (faible, moyen, élevé)
  • Estimer la fréquence et la durée d’exposition
  • Proposer des mesures de prévention

Le risque routier en particulier s’évalue autour de 4 dimensions :

  • Les déplacements
  • Les véhicules
  • Les compétences des conducteurs
  • Les communications
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Prévention des risques routiers : quels sont les leviers d’action ?

L’entreprise peut agir sur 3 leviers :

  • L’organisation (du travail, des déplacements…)
  • Les moyens (véhicules, techniques de communication…)
  • La gestion des ressources humaines (recrutement, formation, information)

Des exemples d’actions de prévention des risques routiers

  • Dans la mesure du possible, envisager d’autres moyens de déplacement que la voiture : transports en commun, train, avion…
  • Préférer des alternatives au déplacement : échanges téléphoniques, visioconférences.
  • Choisir les itinéraires : par exemple, emprunter l’autoroute plutôt que le réseau routier secondaire.
  • Réfléchir aux horaires de déplacement et, en cas de grande amplitude, s’organiser pour ne pas conduire de nuit (dormir sur place la veille d’un rdv, par exemple).
  • A vélo, respecter le Code de la route et s’équiper à minima d’un casque et d’un élément de visibilité.
  • A pied, toujours regarder où l’on va et garder ses sens en éveil.
  • Choisir un véhicule adapté aux distances moyennes parcourues, au travail à effectuer (un véhicule utilitaire pour un plombier), répondre aux exigences minimales en matière de sécurité du conducteur, offrir une ergonomie du poste de conduite adaptée.
  • Assurer l’entretien et une maintenance régulière des véhicules.
  • Organiser des protocoles de communication : « A 10h, je m’arrête pour recevoir un appel de mon directeur, planifié dans mon déplacement. Ainsi, je ne suis pas au téléphone en conduisant », cite en exemple Anne-Sophie Valladeau de l’INRS.
  • Former les salariés à leur outil de travail : un véhicule utilitaire de 20m3 ne se comporte pas comme un véhicule léger. Conduire sur route enneigée est autrement plus difficile que circuler en ville en été. Bref, on ne lésine pas sur les formations complémentaires.
  • Sensibiliser aux dangers des médicaments, des drogues et à l’utilisation du téléphone portable.
  • Rappeler le Code de la route et la réglementation routière.
  • Organiser des visites médicales périodiques.

>>> Cet article vous intéressera aussi : Charte véhicules : les points à ne pas négliger

3 questions à Pascal Bertossi, Directeur Hygiène - Santé - Environnement chez Total Marketing France.

La sensibilisation aux risques routiers, c’est important chez Total ?
Indéniablement. La sécurité est la première valeur du Groupe Total. Elle est au cœur de nos métiers et de nos actions de tous les jours. Nous avons retranscrits nos exigences en matière de sécurité dans nos 12 Règles d’or. Elles sont formulées en interdictions et en obligations et doivent être respectées par tout le personnel et entreprises extérieures qui interviennent sur nos sites ou travaillent pour nous. La sécurité routière est intégrée dans l’une de ces 12 règles qui concerne la circulation et elle s’applique partout dans le monde. Quel que soit le niveau de règlementation local. Nos exigences peuvent, parfois aller au-delà de cette règlementation locale.

En France, nous avons tous les jours sur les routes plus de 1000 véhicules légers et 1400 poids lourds qui approvisionnent nous produits jusqu’à nos clients. Ceci représente environ 99 millions de kilomètres parcourus par an. Depuis plusieurs années, nous organisons une journée dédiée à la sécurité routière. Nos collaborateurs ont la possibilité de participer à divers forums et activités : voiture tonneau, simulateurs auto et moto pour démontrer l’impact de l’alcool sur la conduite, intervention de la Police Nationale, présentation sur les sièges enfants et une révision gratuite de certains points de sécurité du véhicule par une société spécialisée.

De plus, nous avons sorti l’an dernier une campagne mondiale « Safe driver », un guide des bonnes pratiques en deux volets, l’un destiné aux conducteurs de véhicules légers, l’autre dédié aux chauffeurs de véhicules professionnels.
Quelles autres mesures de prévention des risques routiers ont été adoptées par Total ?
Elles sont nombreuses. Pour le téléphone portable, nous allons plus loin que la législation : son usage est totalement interdit lors de la conduite, même si le véhicule est équipé de kit main libre. Tous les véhicules ont une notation NCAP 5 étoiles et ont à la disposition des pneus hiver (pour les commerciaux). 

Dans le parking Total de notre siège, nous avons installé un radar pour contrôler la vitesse, avec alerte visuelle, afin de sensibiliser nos collaborateurs à adopter une conduite adaptée. Egalement, un emplacement de contrôle des pneus, miroirs et lumières est mis à disposition. Enfin, nos conducteurs suivent des formation à la conduite préventive et nous attachons une grande importance à l’entretien des véhicules, y compris à ceux de nos partenaires : on s’assure de l’existence d’un système de management de la sécurité comprenant un solide volet maintenance. Ces systèmes de management sont régulièrement audités afin qu’ils puissent être améliorés.
Ces règles sont-elles efficaces ?

Tous les ans, nous mesurons le nombre d’accidents en distinguant les catégories poids lourds et véhicules légers. Et sur les trois dernières années, nous avons constaté une baisse significative des accidents, de l’ordre de 30 %. C’est encourageant, mais il reste une marge de progression importante et notre démarche d’amélioration continue nous incite à aller plus loin.

Vous souhaitez en savoir plus sur le document unique et vous faciliter la tâche pour le rédiger correctement ? Téléchargez les « questions-réponses sur le document unique » élaborées par l’INRS.


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1 Commentaire

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  1. le maitre

    intéressant