Téléphone au volant : un facteur d’accident ingérable !

Temps de lecture : 4 minutes

Le téléphone au volant multiplie par trois le risque d’accident. Mais en dépit du danger et des sanctions encourues, le nombre de verbalisations explose. Pour enrayer le phénomène, un article de la loi d’orientation des mobilités prévoit une suspension de permis. Une mesure qui devrait entrer en vigueur début 2020. Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, explique la démarche des pouvoirs publics.

« On ne téléphone pas au volant » est un principe appliqué par un nombre croissant d’entreprises. Heureusement, pour résister à la tentation, il existe des astuces et des outils ! Mais un coup de fil peu s’avérer indispensable. Dans ce cas, comment minorer le danger et téléphoner en toute légalité ?

Téléphone au volant : les risques

Un accident corporel sur dix est associé à l’utilisation du téléphone au volant et l’usage du téléphone multiplie par trois le risque d’accident, selon l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR). Sur l’autoroute,16% des accidents mortels lui sont imputables.

Quand le risque est-il maximal ? Lorsque le conducteur décroche, mais aussi quand l’échange se transforme en conversation, à fortiori quand celle-ci prend une tonalité émotionnelle.

C’est prouvé, le conducteur enregistre entre 30 à 50% d’informations en moins en voiture. Focalisé sur le devant de la route, il ne regarde plus dans ses rétroviseurs ni sur les côtés, porte une attention réduite à son environnement, à la signalisation et autres usagers. Le véhicule tend à ralentir et/ou zigzaguer, et franchit la ligne médiane plus souvent.

En 2016, les forces de l’ordre ont verbalisé près de 300 000 conducteurs. Un score en augmentation de 27% en 2017 ! Mais le phénomène est en réalité bien plus grave, puisque 70% des conducteurs reconnaissent utiliser leur téléphone en conduisant (baromètre Axa Prévention / Juin 2019). « En dépit des sanctions encourues, c’est le pêche miraculeuse pour les forces de l’ordre. On a donc un vrai problème », résume Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière.

Pourtant, « les conducteurs ont bien compris les risques, mais évoquent souvent l’urgence, sur fond d’addiction FOMO » (fear of missing you : peur de rater quelque chose), nous expliquait récemment Nathalie Da Silva, confrontée au fléau dans son métier de responsable Prévention des risques routiers & Ecomobilité chez Onet. (« le gestionnaire de flotte, un pivot incontournable ! »)

Même constat de la part de Emmanuel Barbe : «le téléphone est véritablement une addiction. Il faut en prendre acte et développer une culture de son utilisation au volant ».

>>> Cet article vous intéressera aussi : Au volant, le téléphone peut tuer

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Téléphone au volant : que dit la loi ?

téléphone au volant

Depuis 2003, le Code de la route interdit l’usage du téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation. Et depuis le 01.07.2015, l’usage de tous les systèmes nécessitant des écouteurs, des oreillettes ou des casques est également interdit.

Consulter vos mails, envoyer un texto, prendre un selfie ou consulter une application au feu rouge : même punition. C’est une infraction de 4e classe. Les sanctions prévues :

  • 3 points en moins
  • une amende forfaitaire de 135 €
  • une amende minorée de 90 €
  • une amende majorée de 375 €

Des sanctions plus lourdes dans un avenir proche

Un article de la loi d’orientation des mobilités (LOM) prévoit de durcir les sanctions : à la clé une suspension de permis.

« Certes, la mesure peut sembler un peu sévère, mais 75% des gens approuvent la réglementation car ils sont conscients du danger. Notre objectif : accroître la peur de la sanction », explique Emmanuel Barbe. « Notre but n’est pas d’empêcher les gens de rouler, mais de marquer les esprits, en espérant que les conducteurs arrivent à se discipliner. »

Toutefois, cette disposition législative ayant échoué en commission mixte paritaire, il faudra vraisemblablement attendre le début de l’année prochaine pour qu’elle entre en vigueur, par décret en Conseil d’Etat. Sa mise en place est donc reportée de quelques mois.

Astuces et appli pour résister à la tentation !

Il y a les mesures simples, comme exiler le téléphone dans le coffre, ce qui vous oblige à vous garer pour le consulter ou passer un appel. Tout aussi simple mais plus radical : éteindre le téléphone avant de démarrer. Ou encore le confier à un passager et lui demander de répondre à votre place.

Pour ceux qui préfèrent la technologie au système D, la Sécurité Routière a lancé en 2014 l’application gratuite « Mode conduite », uniquement disponible sur Androïd. Ses fonctionnalités : désactivation des appels et SMS, envoi automatique d’un message personnalisable en cas d’appel entrant, et récapitulatif de fin de parcours reprenant notamment la liste des appels et SMS reçus. En prime, depuis 2018, le conducteur peut automatiser son activation par le biais du bluetooth ou du détecteur de mouvement.

Dans le même registre, Apple a développé le mode « ne pas déranger en voiture », à l’occasion du lancement de iOS 11. Il peut être activé manuellement ou se déclencher automatiquement. L’iPhone reste silencieux : le conducteur ne reçoit aucune notification, les appels entrants sont rejetés et les correspondants reçoivent une réponse automatique. Les applications de guidage par GPS restent toutefois utilisables.

Téléphoner en voiture en toute légalité, c’est possible ?

« On ne téléphone pas au volant » est un principe appliqué par un nombre croissant d’entreprises, en utilisant des parades. Exemples : demande de rappel par un signal sonore, salarié au volant identifié grâce à la géolocalisation, ce qui interdit de l’appeler, etc.

Un coup de fil est indispensable ? Pour minorer le danger, limitez-vous à un échange bref et utilisez les systèmes que la législation autorise. Lesquels ?

  • Via la fonction bluetooth de l’autoradio : un dispositif intégré, qui est une option mains-libres, passe par l’auto-radio. Un micro incorporé permet de parler à haute voix et le son émis par l’interlocuteur est diffusé par les haut-parleurs du véhicule.
  • Avec un kit sans fil bluetooth : on téléphone via une commande vocale. Il suffit de fixer l’appareil au pare-soleil, d’activer la fonction bluetooth du téléphone, puis de les synchroniser. Un logiciel de reconnaissance vocale permet de passer des appel sans lâcher le volant.
  • Avec Android Auto (Google) ou Apple CarPlay, qui relayent les contenus du smartphone sur l’écran de bord du véhicule. Pour distraire le moins possible, les fonctionnalités vont à l’essentiel. L’accès aux messages SMS, le répertoire et la téléphonie bénéficient des commandes vocales et d’une interface très claire.

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